Note (retour) — SERGENT FRICASSE
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8.--Nous sommes sortis de notre chemin couvert pour nous opposer au défilé des colonnes autrichiennes pour nous cerner. Ce jour-là ils avaient réuni leurs forces de part et d'autre, pour nous donner une chasse, et faire lever le siège de Charleroi qui était rendu; mais ils n'en étaient pas instruits, car ils avaient si bien jeté leur plan qu'ils cherchaient à nous prendre entre deux feux. Il n'y avait plus à balancer; le combat a commencé à huit heures du matin par une forte canonnade, de toutes parts, avec une rapidité sans égale, comme jamais on ne l'avait entendu jusqu'alors. Notre courage semblait déjà nous annoncer la victoire, main hélas! dans un feu si terrible et si opiniâtre, les munitions ont manqué. Il fallut donc battre en retraite et nous retirer plus vite que nous n'aurions voulu, rencontrant des obstacles, des fossés, un village dont les rues étaient si étroites que la troupe ne savait où passer et se voyait presque au pouvoir de l'ennemi. La colonne autrichienne s'avançait avec rapidité pour nous prendre en flanc. Mais nous avons été plus tôt qu'elle au sommet de la montagne, et nous avons usé le peu de munitions qui nous restaient. Nous avons retardé leur marche. Je dirai que, en montant cette montagne, il tombait parmi nous des boulets, obus et balles comme grêle, mais cela a fait très peu d'effet, quoiqu'ils soient bien près de nous. Nous avons perdu très peu de monde et, grâce à la reddition de Charleroi, nous avons battu en retraite sous ses glacis. La retraite de notre colonne, qui était celle du centre, a été favorable à la défaite de l'ennemi qui s'est trop aventuré en nous poursuivant, et s'est trouvé pris en flanc. Il ne s'est retiré qu'avec peine et pertes 17.