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Journal de marche du sergent Fricasse de la 127e demi-brigade: 1792-1802

Note 63 — PLANCHES

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Note 63:

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Le 16 germinal correspond au 5 avril 1799. Le maréchal Soult résume ainsi cette suite de revers due à l'incapacité du général Scherer: «Le général Scherer partait des places de Mantoue et de Peschiara, sur la ligne du Mincio: il commença ses opérations, le 26 mars, pour forcer la ligne de l'Adige. Il opérait aux trois colonnes: celle de gauche, commandée par le général Moreau, avançait. Elle passa l'Adige au-dessus de Vérone, coupant la droite de l'armée autrichienne, et elle était à même de poursuivre ses succès vers Vienne si elle avait été soutenue; mais les autres divisions du centre et de la droite, que le général Scherer commandait en personne, se firent battre par l'ennemi. Cependant, le succès que venait de remporter le général Moreau suffisait pour que le restant de l'armée pût s'appuyer sur lui, le rejoindre, marcher sur Vienne, rejeter les Autrichiens sur la Brenta et les séparer des places de Vérone et de Legnago. Le général Moreau donnait ce conseil au général Scherer; mais, au lieu de le suivre, celui-ci eut la singulière idée de rappeler le général Moreau sur la rive droite de l'Adige, pour recommencer par sa droite la même opération, quatre jours après. Cette fois la leçon fut plus sévère: on y perdit une partie de la division Serurier, qu'une nuit de faux mouvements compromit sur la rive gauche de l'Adige, et qui, entourée par des forces supérieures, finit par être accablée.

«Enfin une troisième tentative, faite le 6 avril, fut encore moins heureuse. Malgré des succès, d'abord remportés au centre par le général Moreau, la droite de l'armée fut tournée, à la fin de la journée, par une manoeuvre habile du général Kray. Il y avait tant d'incohérence dans tous les mouvements, que cet échec ne put être réparé: le désordre vint s'y joindre et l'armée entière précipita sa retraite, non pas seulement derrière le Mincio où le général Scherer aurait pu tenir, à l'appui des places de Peschiera et de Mantoue, mais derrière l'Adda.

«La journée de Magnano décida du sort de l'Italie. Dix jours avaient suffi pour réduire l'armée à moins de trente mille combattants, pendant que d'un autre côté, toutes les troupes éparpillées depuis le Pô jusqu'à Naples, étaient non seulement trop éloignées pour lui amener des renforts en temps utile, mais se trouvaient elles-mêmes de jour en jour plus compromises. En même temps l'armée ennemie avait remplacé toutes ses pertes et elle acquérait une supériorité de plus en plus grande par les renforts qu'elle recevait à tout instant; elle était, en outre, à la veille d'être rejointe par l'armée russe, qui arriva sur l'Adige, le 15 avril.

«L'exaspération de l'armée dont le courage avait été si mal employé était au comble, et elle eût produit des actes d'indiscipline et de désobéissance, si le général Scherer fût resté. Il le comprit, il partit pour Milan sous prétexte de diriger les levées extraordinaires qu'on y faisait, et ne revint plus. Il avait remis, avant son départ, le commandement au général Moreau.»

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