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Journal de marche du sergent Fricasse de la 127e demi-brigade: 1792-1802

Note 32 — PLANCHES

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Note 32:

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Cette adresse vigoureuse sous sa forme ampoulée, faisait allusion à la

journée du 1er prairial

(20 mai 1795) qui avait vu la populace des faubourgs de Paris envahir la Convention nationale en tuant le député Feraud, aux cris de

du pain! la liberté des patriotes! la Constitution de 1793

! Quatorze députés Jacobins payèrent de leurs têtes cette insurrection, et, trois mois après, les clubs et sociétés populaires étaient dissous. Chaque insurrection parisienne plaçait nos généraux dans une situation difficile, comme le montre cette lettre du chef qui commandait alors l'armée de Rhin et Moselle; elle est conçue en termes vraiment patriotiques:

«Le général en chef Jourdan au général de division Hatry.

«Andernach, le 7 prairial an III.

«Je suis instruit, mon camarade, qu'il y a eu, le premier de ce mois, une insurrection à Paris, et que le peuple a occupé la salle de la Convention presqu'à onze heures du soir. Il paraît cependant qu'à cette heure la Convention a repris le cours de ses séances. Il faut que l'armée agisse dans cette circonstance comme elle a agi toutes les fois que de pareils événements ont eu lieu. C'est-à-dire, qu'étant placée sur la frontière pour combattre les ennemis du dehors, elle ne s'occupe point de ce qui se passe dans l'intérieur et qu'elle ait toujours la confiance de croire que les bons citoyens qui y sont, parviendront à faire taire les royalistes et les anarchistes.

«Nous avons juré de vivre libres et républicains, et nous maintiendrons notre serment, ou nous mourrons les armes à la main. Nous avons juré de combattre les ennemis du dehors, tant que la paix ne sera pas faite. Nous tiendrons pareillement notre serment, nous resterons à notre poste, et nous combattrons avec autant de valeur que la campagne dernière. Je suis persuadé que tels sont vos sentiments et ceux des troupes que vous commandez. Mais comme il est essentiel d'empêcher que des malintentionnés viennent répandre de fâcheuses nouvelles dans l'armée, comme il est essentiel de redoubler de surveillance, afin que l'ennemi ne puisse pas profiter du malheur de nos querelles intestines, il faut redoubler de zèle et d'activité, il faut que les militaires de tout grade soient toujours à leur poste, que le service des avant postes se fasse avec plus de surveillance que jamais, et que vous veillez à ce que les convois qui passeront dans l'arrondissement que vous commandez, soient bien escortés. J'espère que l'attitude de l'armée en imposera à tous les ennemis de la République.

«Je vous communiquerai journellement les suites des événements, et vous aurez à me faire part exactement des observations que vous ferez sur ce qui se passera dans les troupes que vous commandez.--Salut et fraternité.

«JOURDAN.»

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