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Journal de marche du sergent Fricasse de la 127e demi-brigade: 1792-1802

Note 30 — PLANCHES

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Note 30:

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Dans ses

Mémoires

(tome I, page 287), le maréchal Soult accuse Pichegru «d'avoir laissé ses troupes à l'abandon, négligées et en proie à toutes sortes de privations pour mieux favoriser l'exécution du plan de trahison le plus odieux.» Il espérait ainsi désorganiser l'armée. En une autre occasion, Soult parle aussi des pommes de terre et en des termes fort curieux:

«L'armée n'avait d'autre ressource pour vivre, que les pommes de terre que l'on trouvait dans les champs. À chaque halte, à peine les faisceaux étaient-ils formés, que les soldats se dispersaient dans les environs pour aller déterrer les pommes de terre. Un champ était bientôt récolté, et le repas était bientôt préparé au feu du bivouac. Le silence durait tant que durait cette importante occupation: mais elle ne durait pas longtemps et les provisions étaient épuisées avant que la faim fût apaisée. L'inépuisable gaieté du soldat français revenait alors. Ne doutant de rien, parlant de tout, lançant des saillies originales et souvent même instructives, tel est le soldat français. Un soir, en parlant politique et des nouvelles de Paris, le propos était tombé sur les grands hommes qu'on avait fait entrer au Panthéon ou qu'on en avait successivement fait sortir, suivant l'esprit du jour et l'influence du parti régnant. «Qui va-t-on y mettre aujourd'hui? demanda quelqu'un. Parbleu, répondit son voisin, une pomme de terre.» Et tout le monde d'applaudir à cette saillie, qui avait plus de portée que l'intention de son auteur n'avait probablement voulu lui donner.» (SOULT.)

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