Note 151 — EUGÈNE DELACROIX (continued 3)
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À propos de cette difficulté d'écrire, qu'il constate à certains endroits de son Journal, il nous a paru intéressant de citer une page de Baudelaire qui est en même temps une appréciation définitive du talent et des défauts d'Eugène Delacroix comme écrivain: «Si sages, si sensés et si nets de tons et d'intention que nous apparaissent les fragments littéraires du grand peintre, il serait absurde de croire qu'ils furent écrits facilement et avec la certitude d'allure de son pinceau. Autant il était sûr d'écrire ce qu'il pensait sur une toile, autant il était préoccupé de ne pouvoir peindre sa pensée sur le papier. «La plume, disait-il souvent, n'est pas mon outil: je sens que je pense juste, mais le besoin de l'ordre auquel je suis contraint d'obéir, m'effraye. Croiriez-vous que la nécessité d'écrire une page me donne la migraine?»** C'est par cette gêne, résultant du manque d'habitude, que peuvent être expliquées certaines locutions un peu usées, un peu poncif, empire même, qui échappent trop souvent à cette plume naturellement distinguée.» (BAUDELAIRE, L'Art romantique. L'Œuvre et la vie d'Eugène Delacroix.)