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Jacques Cartier

Note 56 — H. EMILE CHEVALIER (continued 4)

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Note 56:

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Cette prise en possession peut bien passer pour légèrement arbitraire; mais, au moins, elle a le mérite d'une certaine simplicité. Les Espagnols y mettaient bien plus de cérémonie et d'ostentation. Ils se faisaient accompagner de deux notaires qui rédigeaient très-sérieusement un acte de propriété des terres découvertes. Dans ma Notice sur Sagard, j'ai déjà donné, d'après W. Irving, une de ces étonnantes formules. En voici une autre qui peut servir de pendant à la première.

Vasco Nunez, venant de découvrir l'océan Pacifique, s'avance, bannière de la Vierge en tête, entre dans la mer jusqu'aux genoux, tire son épée, jette son bouclier sur son épaule et s'écrie:

«Vivent les hauts et puissants monarques don Ferdinand et dona Juanna, souverains de Castille, de Léon et d'Aragon, au nom desquels et pour la couronne royale de Castille, je prends réelle et corporelle et actuelle possession de ces mers, et terres, et côtes, et ports et îles du Sud, et de tout ce qui y est annexé, et des royaumes et provinces qui leur appartiennent et peuvent leur appartenir, en quelque manière ou par quelque droit ou titre, ancien ou moderne, dans les temps passés, présents ou à venir, sans aucune contradiction; et si autre prince chrétien, ou infidèle, ou aucune loi, acte ou condition quelconque prétend à aucun droit sur ces terres et mers, je suis prêt et disposé à les maintenir et à les défendre au nom des souverains castillans, présents et futurs, qui ont l'empire de la domination sur ces Indes, îles et terre ferme, nord et sud, avec toutes leurs mers, au pôle arctique comme au pôle antarctique, sur chaque côté de la ligne équinoxiale, soit au dedans, soit au dehors des tropiques du Cancer et du Capricorne, maintenant et dans tous les temps, aussi longtemps que durera le monde et jusqu'au jour final du jugement de tout le genre humain.»

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