Note (retour) — H. EMILE CHEVALIER (continued 2)
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—C'est simple comme bonjour, marquis. Ce matin, le bruit court en ville que l'expédition de Cartier est revenue avec des monceaux d'or. Tu me l'apprends. Je m'habille en pêcheur, je vole aux informations. Les vaisseaux de Cartier étaient effectivement arrivés, durant la nuit, en vue de Saint-Malo. Ils avaient mouillé hors du havre, à l'île Harbourg. Mais, quand je montai sur le rempart, les deux brigs entraient dans la Petite Rade. L'un avait le cap sur Saint-Servain 23, où probablement il doit être radoubé; et l'autre venait jeter l'ancré devant Saint-Malo, sous le môle. C'était justement celui de Cartier. Je le reconnus bien, car il portait le pavillon de commandement. Dès qu'il fut amarré, je descendis sur la plage. Adroitement, je questionnai, j'interrogeai. Mais impossible d'obtenir une réponse précise. Ceux-ci disaient que le navire était lesté d'or, ceux-là que le lest n'était que de cailloux, qu'on avait pris pour de l'or. Je te laisse à penser si je fis des tentatives pour me procurer un de ces cailloux! Pas moyen. Cependant, je rôdai toute la journée sur la grève et je remarquai que la plus grande partie de l'équipage allait à terre. Je dépêchai quelques-uns de nos hommes après les mariniers, afin de les enivrer et de les garder à boire toute la nuit avec eux, s'il se pouvait. Instinctivement ensuite, je me rendis à la taverne du père Clovis. Le hasard me servit à souhait. On y causait du sujet qui m'intéressait. Vordec, le joaillier-armateur de la Grand'Rue, ne voulait pas que Cartier eût trouvé de l'or, quand entra un timonier de celui-ci: