Note (retour) — LE RETOUR DU CROISÉ. (continued 2)
Albert Montémont translation
«Par l'âme d'Heruvard18! s'écria le chevalier impatienté, tu parles de choses que tu ne connais point. Tu voudrais éteindre le feu pur de la chevalerie, qui seul distingue le noble du vilain, le chevalier civilisé du paysan grossier, qui nous fait regarder la vie comme d'un prix au dessous, bien au dessous de celui de l'honneur, qui nous fait triompher des fatigues, des travaux, des souffrances, et qui nous apprend à regarder l'infamie comme le seul mal que nous ayons à redouter. Tu n'es pas chrétienne, Rébecca, et tu ne connais pas ces sentimens élevés qui font palpiter le sein d'une noble demoiselle, lorsque son amant a achevé quelque grande entreprise, dont le succès justifie son amour. La chevalerie! sache, jeune fille, que c'est la source, l'aliment, l'entretien de la noble et divine amitié, le soutien de l'opprimé, le vengeur de l'offensé, le frein du tyran; sans elle la noblesse ne serait qu'un vain nom, et c'est dans sa lance et son épée que la liberté trouve sa meilleure protection.»