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Introduction aux études historiques

Note 150 — LIVRE II OPÉRATIONS ANALYTIQUES (continued 2)

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Un des historiens de l’antiquité les plus experts en critique, Ed. Meyer, Die Entstehung des Judenthums, Halle, 1896, in-8, a récemment encore allégué cet étrange argument juridique en faveur des récits de Néhémie. — M. Bouché-Leclercq, dans une remarquable étude sur « Le règne de Séleucus II Callinicus et la critique historique » (Revue des Universités du Midi, avr.-juin 1897), semble, par réaction contre l’hypercritique de Niebuhr et de Droysen, incliner vers une théorie analogue. « Sous peine de tomber dans l’agnosticisme — qui est pour elle le suicide — ou dans la fantaisie individuelle, la critique historique doit accorder une certaine foi aux témoignages qu’elle ne peut pas contrôler, lorsqu’ils ne sont pas nettement contredits par d’autres de valeur égale. » M. Bouché-Leclercq a raison contre l’historien qui, « après avoir disqualifié tous ses témoins, prétend se substituer à eux et voit par leurs yeux tout autre chose que ce qu’ils ont vu eux-mêmes ». Mais quand les « témoignages » ne sont pas suffisants pour faire connaître scientifiquement un fait, la seule attitude correcte est « l’agnosticisme », c’est-à-dire l’aveu de notre ignorance ; nous n’avons pas le droit d’éluder cet aveu parce que le hasard aura laissé périr les documents en contradiction avec ces témoignages.

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