Note 106 — DEUXIÈME PARTIE
Reading edition
On rencontre, à travers les huit volumes de son œuvre, quelques vers, quelques morceaux chrétiens, uniquement suscités par des circonstances accidentelles. Mis bout à bout, ils tiendraient peut-être en tout vingt pages. Quand il se défend contre les calomnies des huguenots, il professe sa foi catholique dont la sincérité ne peut être mise en doute. Il écrit, parce qu’on lui a demandé ces poèmes, une paraphrase sur le Te Deum, des hymnes à Saint Blaise, à Saint Roch, à Saint Gervais, etc. L’Hercule chrétien fut composé à la requête du cardinal de Châtillon pour « complaire » — Ronsard l’avoue en propres termes — à ce protecteur opulent qu’il appelle ailleurs son « Mecenas ». C’est, au reste, une similitude grossièrement poursuivie entre Hercule, dompteur des monstres, et Jésus, vainqueur de Satan. L’année même où il versifiait l’Hercule chrétien (1560), Ronsard faisait, dans une des Odes retranchées, cette déclaration très peu chrétienne :
Au moins, avant que trespasser, Que je puisse à mon aise, un jour, Jouer, sauter, rire et dancer Avecque Bacchus et Amour.