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Histoire poétique des Mérovingiens

Note 601 — LIVRE III Les derniers Mérovingiens

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V. ci-dessus p. 38 et 39.

Les Mabinogion du pays de Galles nous offrent un curieux épisode où la comparaison d’une flotte avec une forêt devient l’occasion d’une espèce d’énigme. Bendigeit Vran, roi de Bretagne, a mis en mer pour se venger d’un prince d’Irlande, et sa flotte apparaît en vue des côtes de ce pays.

« Les porchers de Matholvoch, qui étaient sur le bord des eaux, retournèrent auprès de lui : « Seigneur, dirent-ils, porte-toi bien — Dieu vous donne bien, répondit-il, apportez-vous des nouvelles ? — Oui, seigneur, des nouvelles surprenantes. Nous avons aperçu un bois sur les eaux, à un endroit où auparavant nous n’en avons jamais vu trace. — Voilà une chose surprenante : c’est tout ce que vous avez vu ? — Nous avons vu encore, seigneur, une grande montagne à côté du bois, et cette montagne marchait ; sur la montagne un pic, et de chaque côté du pic un lac. Le bois, la montagne, tout était en marche. — Il n’y a personne ici à rien connaître à cela, si ce n’est Branwen ; interrogez-la. » Les messagers se rendirent auprès de Branwen. « Princesse, dirent-ils, qu’est-ce que tout cela, à ton avis ? — Ce sont, répondit-elle, les hommes de l’île des Forts qui traversent l’eau… — Qu’est-ce que ce bois qu’on a vu sur les flots ? — Ce sont des vergues et des mâts de navire. — Oh ! dirent-ils, et la montagne que l’on voyait à côté des navires ? — C’est Bendigeit Vran, mon frère, marchant à gué. Il n’y avait pas de navire dans lequel il pût tenir. — Et le pic élevé et les lacs des deux côtés du pic ? — C’est lui jetant sur cette île des regards irrités ; les lacs des deux côtés du pic sont ses yeux de chaque côté de son nez. » D’Arbois de Jubainville et Loth, Cours de litt. celt. III, p. 83.

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