Note 320 — LIVRE II Clovis et ses fils
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« Clovis lança à son rival un défi dont les formes rappellent l’esprit chevaleresque du moyen âge ; il lui demandait un rendez-vous en champ-clos et le sommait de fixer le jour et le lieu du combat. Le général romain ne jugea pas à propos de répondre, et attendit les Francs sous les murs de Soissons. » Pétigny, II, p. 385. Il y a là un contre-sens énorme. Ignorant l’usage barbare, et ne connaissant que celui du moyen âge, Pétigny s’est figuré que le combat demandé par Clovis était un combat singulier et un combat en champ-clos. Il faut renverser les termes : la proposition de Clovis ne rappelle pas le moyen âge, mais c’est le moyen âge qui rappelle l’usage franc. L’usage de défier l’adversaire a passé également, comme une obligation d’honneur, dans les traditions du monde féodal. Qui ne se rappelle le mot de Roland à Olivier, quand celui-ci, déjà aveugle et ne reconnaissant plus les siens, lui a porté un grand coup d’épée : Par nule guise ne m’avez desfiet. (La Chanson de Roland, éd. Müller 2002.)