Note 372 — LIVRE II Clovis et ses fils
Reading edition
Je n’ai pas à m’occuper ici d’une autre erreur de Ranke, soutenant que la fuite de Godegisil dans le temple arien et sa mort avec l’évêque de sa confession sont une invention de Grégoire. Où donc veut-il que Godegisil fugitif se soit réfugié, sinon dans l’endroit qui, à ses yeux comme aux yeux de ses vainqueurs, était l’asile le plus sacré ? Qu’il me soit permis de reproduire ici ce que j’écrivais à ce sujet Rev. des Quest. hist. janv. 1890 p. 93 : « Se figurer que Grégoire a inventé ce trait parce qu’il donne satisfaction à ses préoccupations confessionnelles, c’est infliger un démenti à toute sa vie. Grégoire était incapable d’inventer quelque chose, dans quelque but que ce fût : tous ses écrits en sont la preuve convaincante… Lorsque ailleurs, il nous montre dans ses récits les plus illustres sanctuaires catholiques pillés (II, 27), ou leur droit d’asile violé (IX, 10), et des évêques expirant de douleur, parce qu’ils n’ont pu le faire respecter (IX, 23), est-ce aussi à des préjugés confessionnels qu’il obéit ? Qu’on renonce donc une bonne fois à un argument qui n’est pas de mise ici, et qui ne suppose des préjugés confessionnels qu’à ceux qui en attribuent si généreusement à notre narrateur. » Je ferai remarquer de plus que Binding lui-même, p. 162, n’ose pas révoquer en doute la mort de Godegisil dans l’église arienne avec l’évêque de sa confession, et ce n’est pas peu dire pour qui connaît la passion anticatholique de cet auteur.