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Histoire poétique des Mérovingiens

Note 317 — LIVRE II Clovis et ses fils

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Si l’on me permet de faire ici une comparaison, je dirai que l’erreur de l’écrivain gaulois qui, au Ve siècle, aurait appelé Syagrius roi des Romains, ressemblerait assez à celle du journaliste français qui appellerait le comte de Moltke connétable des Allemands. Dahn, o. c. p. 63, ne voit pas pourquoi Syagrius n’aurait pas porté le titre de roi, puisque 1o il était souverain de fait, et que 2o ses voisins les rois barbares portaient tous le même titre. Cette objection est réfutée d’avance, en excellents termes, par Pétigny, II, p. 378 : « Quelques chroniqueurs (ils se réduisent à un seul !) disent que Syagrius prit le titre de roi ; rien n’est moins vraisemblable, car rien n’était plus éloigné des mœurs et des idées de l’aristocratie romaine. Comme nous l’avons déjà fait remarquer plusieurs fois, ce titre n’avait point, aux yeux des Romains, la valeur que nous lui attribuons. Et ce n’était pas à cause des idées républicaines qu’on leur suppose bien à tort, mais parce que, depuis l’origine de l’Empire, il avait toujours servi à désigner les chefs des nations barbares. Prendre le titre de roi, c’était en quelque sorte abdiquer la qualité de Romain. » Dahn d’ailleurs se réfute lui-même en disant, p. 66, n. 1, que Grégoire n’avait à sa disposition, pour cette partie de son récit, que des sources franques.

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