Note 323 — LIVRE II Clovis et ses fils
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L’histoire des Francs nous offre plusieurs exemples d’objets d’art brisés par les rois ou par les grands. En 531, quand Childebert I revint d’Espagne, il rapporta soixante calices, seize patènes, vingt couvertures d’évangiliaire, le tout d’or pur et orné de pierres précieuses, et Grégoire de Tours constate avec une admiration naïve qu’il ne mit en pièces aucun de ces objets, mais qu’il les distribua intacts aux églises. (III, 10.) En 586, quand le roi Gonthran se fut emparé du butin de Gundowald, il brisa quinze coupes (catini) et n’en garda que deux, parce qu’il en avait assez. (Id. VIII, 3.) Encore en 842, Lothaire I fit mettre en morceaux le merveilleux discus cosmographique et géographique de Charlemagne, pour le partager entre ses fidèles (Annal. S. Bertin. a. 842). Nous voyons aussi que, quand une église vendait ses objets d’art pour racheter des captifs ou pour soulager des pauvres, ils passaient généralement sous le marteau des argentarii ; voir p. exemple Vita s. Leodegarii dans Bouquet, II, p. 617.