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Histoire poétique des Mérovingiens

Note 482 — LIVRE II Clovis et ses fils (continued 2)

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On ne peut plus que sourire aujourd’hui en voyant de quelle manière les apologistes, embarrassés par cette légende dont le caractère leur échappait, se sont évertués à innocenter sainte Clotilde. Ces avocats d’une cause excellente avaient de bien pauvres arguments. Selon l’abbé Du Barral, les trois fils de Clotilde ont affirmé mensongèrement qu’ils avaient été poussés par leur mère à entrer en Burgondie, et cela pour tenir en échec leur aîné Théodoric, qui était un rival redoutable et qui pouvait s’opposer à leur expédition. « En tout cas, continue le docte abbé, si le discours de Clotilde à ses fils n’a pas été une fable inventée par ceux-ci, elle a pu l’être par quelques autres, par des courtisans, par des narrateurs jaloux d’excuser la conduite des princes, peut-être aussi par les ennemis de sainte Clotilde, par quelque Aredius bourguignon. Et c’est ce récit habilement et méchamment répandu dans les masses qui est parvenu à Grégoire de Tours. » Toujours le thème de l’invention mensongère et intéressée à la place de l’invention poétique et inconsciente : toujours la fraude à la place de la poésie ! Mais le pauvre abbé a lui même si peu de foi dans ses conjectures, qu’il finit en supposant que le tout pourrait bien être une interpolation ! (Annales de philos. chrétienne, déc. 1862.) Sur quoi M. Charles Barthélemy, dans son mauvais livre intitulé Erreurs et mensonges historiques, t. V, se hâte de proclamer, en invoquant Boissieu et Carlo Troya, qu’il n’a pas lus, mais en se gardant de citer Du Barral qu’il copie, que l’histoire en question n’est qu’une interpolation !

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