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Histoire poétique des Mérovingiens

Note 231 — LIVRE I Les Premiers Mérovingiens (continued 2)

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Déjà le Liber Historiae interprète les paroles de Grégoire dans ce sens qu’il existerait une version d’après laquelle Mérovée ne serait pas le fils, mais seulement le parent de Clodion, et c’est cette version qu’il adopte : Chlodione rege defuncto, Merovechus de genere ejus regnum ejus accepit (c. 5). Une généalogie des rois mérovingiens, qui semble être du VIIIe siècle, et que l’on trouvera reproduite dans l’appendice de ce livre, fait hardiment un pas de plus dans ce sens, et donne la lignée suivante de Faramond jusqu’à Clovis : Faramundus genuit Chlenum et Chlodionem. Chlodius genuit Chlodebaudum. Chlodebaudus genuit Chlodericum, Chlodericus genuit Chlodovaeum et Chlodmarum. On le voit, Mérovée est tout simplement éliminé, et Clovis se rattache par Chlodéric (= Childéric) à un fils de Chlodion qui s’appelle Chlodebaud. Aimoin I, 6, s’en tient à la version du Liber Historiae : Post haec Chlodione rege vita decedente Meroveus ejus affinis regni Francorum gubernacula suscepit. Un vieil auteur cité par Fauriel qui ne le nomme pas : Quia sine filio fuit (Chlodio) successit ei in regno nepos ejus Meroveus. De même les chroniques de Saint-Denis : Après lui (Clodion) régna Mérovée. Cilz Mérovée ne fu pas son fils, mais il fu de son lignage (Bouquet, III, p. 159). Ce point de vue a été, je pense, celui de la plupart des chroniqueurs du moyen âge ; je le retrouve encore dans Robert Gaguin : Compendium de Francorum gestis, f. III. Fauriel s’y est laissé prendre, et écrit : « Grégoire de Tours reconnaît qu’il y avait de son temps des hommes qui affirmaient que Mérovée était, sinon le fils de Clodion, du moins de sa race, de sa famille, mais il ne se prononce point sur cette opinion, il ne l’adopte point, et semble par là la déclarer douteuse (I, p. 215) ». Fauriel va même plus loin et fait état du témoignage de certains chroniqueurs que lui-même dit « de plusieurs siècles postérieurs à Frédégaire », et d’après lesquels Clodion n’avait pas de fils et Mérovée n’était que son neveu (Hist. de la Gaule mérid., p. 216). Von Sybel aussi croit pouvoir mettre sur la même ligne la tradition rapportée par Grégoire, et les généalogies factices des Mérovingiens, compilées au VIIIe siècle, pour conclure en faveur de son système, d’après lequel l’existence d’une famille royale chez les Francs n’est pas prouvée avant Childéric.

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