Note 161 — LIVRE I Les Premiers Mérovingiens (continued 2)
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Après cela, on ne me demandera pas de réfuter le passage suivant de Fustel de Coulanges ; le lecteur n’aura pas de peine à y démêler le vrai et le faux, et se convaincra une fois de plus que le puissant esprit de cet écrivain est resté, jusqu’à la fin, obstinément fermé aux résultats de la science philologique. « Il est possible, dit M. Fustel, que l’on trouve ici une trace des antiqua carmina qui disaient les généalogies d’Irmin, d’Inguo et d’Istio, mais la tradition se serait bien altérée dans ses voyages, car il n’y a que douze gentes, quatre par quatre, et sur ces douze il y a bien peu de noms qu’on retrouve dans Tacite. On y trouve en revanche les Romains et les Bretons, qui pouvaient difficilement figurer dans les vieux chants comme branches de la race de Teut. Dans ce texte, je vois bien trois noms, Ermin, Inguo, Istio, qui sont antiques et qu’on a pu recevoir d’une vieille légende, à moins qu’on ne les ait empruntés à Tacite. Quant aux douze noms de peuples, ce sont des noms du IVe siècle de notre ère, ou, plus exactement encore, ce sont les noms que les auteurs de ces manuscrits du IXe et du Xe siècle trouvaient dans ce qu’ils connaissaient de l’histoire. » (L’Invasion germanique et la fin de l’Empire, p. 233, n.) Il suffisait de se rappeler qu’une tradition épique est une chose vivante, qui subit la loi de croissance et de développement, pour s’épargner les erreurs et les inexactitudes dont fourmille ce passage.