Note 100 — HISTOIRE MACCARONIQUE DE MERLIN COCCAIE PROTOTYPE DE RABELAIS. (continued 8)
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Nous pourrions citer divers exemples de ces nombres burlesques répandus chez des auteurs facétieux qui, venant après Folengo, se sont amusés à renchérir sur lui. C’est ainsi que l’auteur du Moyen de parvenir a dit : « D’ici à deux cent trois ans, dix mois, sept jours, dix-neuf heures, quarante minutes et trois secondes justement. » Reboul, à qui l’on doit le Nouveau Panurge, écrivait de son côté : « Ce bon vieillard disoit avoir neuf cent nonante-neuf ans, onze mois, vingt-neuf jours et vingt-trois heures et demie. » On lit dans un pamphlet de 1614 (Response d’un crocheteur de la Samaritaine à Jacques Bonhomme) : « Je demeure sept demi-heures un quart et deux minutes pour percer l’intelligence de ceste parole. » Transcrivons aussi ces lignes que nous empruntons à une production du dix-septième siècle, la Nouvelle Fabrique des excellents traits de vérité, par Alcrippe : « Il répondit qu’il venoit d’une ville où il avoit esté trois ans, trois mois, trois semaines, trois jours et trois heures. »
Faut-il puiser dans des productions plus récentes ? Dulaurens, dans son Arétin moderne (1777, t. II, p. 122), racontant à sa manière l’histoire de la chaste Suzanne, parle ainsi des deux vieillards dont la luxure fut justement punie : « L’aîné de ces robins se nommait Gautier ; il était âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, neuf mois, vingt-huit jours, vingt-trois heures, quarante-neuf minutes et vingt-quatre secondes ; le cadet, Garguille, n’avait tout au plus que quatre-vingt-dix-huit ans, vingt-trois mois, vingt-neuf jours, cinquante-neuf minutes et vingt-trois secondes. »
Un spirituel académicien, Charles Nodier, dans son Histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux, parle de vers tombés dans un oubli total au bout de deux jours, cinq heures et quelques minutes.