Note 41 — HISTOIRE MACCARONIQUE DE MERLIN COCCAIE PROTOTYPE DE RABELAIS. (continued 2)
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Margutte est le nom d’un géant qui joue un rôle considérable dans le Morgante de Pulci. Un extrait de ce poëme a été publié sous le titre de Marguttino, vers la fin du quinzième siècle, et il a obtenu d’assez nombreuses éditions. Margutte est d’ailleurs un franc vaurien dont le caractère a fourni à Rabelais quelques-uns des traits de la physionomie de Panurge. Il se vante lui-même de ses vices ; il en fait avec complaisance la très-prolixe énumération ; il les a tous, il a fait ses preuves et il est prêt à les recommencer. C’est un libre penseur et un épicurien décidé ; Morgant lui demande s’il est chrétien ou sarrasin, s’il croit en Jésus-Christ ou en Mahomet, et Margutte répond : « A te dire le vrai, je ne crois pas plus au noir qu’au bleu, mais bien au chapon bouilli ou rôti. Je crois encore quelquefois au beurre, à la biere, et, quand j’en ai, au vin doux, mais j’ai foi, par-dessus tout, au bon vin, et je crois que qui y croit est sauvé.
Ma soppra tutto nel buon vino ho fede E credo che sia salvo chi gli crede. »
La mort de ce mécréant est digne de sa vie ; à l’aspect des grimaces d’un singe, il se met à rire d’abord un peu, puis davantage, puis plus encore, et il crève enfin à force de rire.