Note (retour) — D'ITALIE.
Reading edition
Il faut ranger parmi les poëmes romanesques la vieille histoire de la Destruction de Troie, en vingt chants, imprimée dès le quinzième siècle, et dont l'auteur, d'ailleurs tout-à-fait inconnu, est un certain Jacques, fils de Charles, prêtre florentin3. Les choses y sont prises de fort haut avant le siége de Troie, et conduites fort loin après. Le poëme commence par la conquête de la Toison d'or, et redescend non-seulement jusqu'à la fondation de Rome, mais jusqu'au temps de César et à la guerre de Jugurtha. Il plaît au Quadrio de dire que ce sujet n'y est pas mal traité4; il l'est à peu près du même style que l'Ancroja et les autres poëmes de cette nature dont nous avons ci-devant parlé5. L'auteur, il est vrai, n'oublie pas de marquer le passage d'un chant à l'autre, par la manière dont il finit et dont il commence; mais s'il a cette partie des formes du roman épique, il n'a aucun des agréments que l'imagination trouve quelquefois dans ceux mêmes qui n'ont d'autre mérite que de la frapper ou de la surprendre. Les événements y sont liés et amenés sans art, et tels à peu près qu'ils se succèdent dans Dictys de Crète et Darès de Phrygie, puis dans Virgile et dans les historiens de Rome. C'est la fable, sans ce qui amuse, et l'histoire sans ce qui instruit.