Note (retour) — D'ITALIE.
Reading edition
Le plus intéressant pour nous est celui qui orne à Paris le cabinet de M. le sénateur Abrial, et qui est très-fidèlement gravé, en tête de la traduction de la Jérusalem délivrée, dans l'édition de 1803465. Ce portrait, était à Sorrento, dans la maison où naquit le Tasse, encore habitée aujourd'hui par les descendants de sa sœur Cornelia466. En 1799467, quand l'armée française, sous les ordres du général Macdonald, occupait le royaume de Naples, Sorrento s'étant révolté, fut pris d'assaut, après trois jours de siége. Le général, averti de l'existence de cette maison par M. Abrial, alors commissaire pour le gouvernement français à Naples, la sauva du pillage et prit soin qu'elle fût respectée. La famille, pénétrée de reconnaissance, lui offrit, quelques jours après, ce qu'elle avait de plus précieux, le portrait du Tasse, et le général en fit présent à M. Abrial, premier auteur de la bonne action qu'il avait faite. Le Tasse y est représenté à l'âge où l'on dit que le cardinal Cinthio le fit peindre à Rome, et c'est peut-être une copie, ou plutôt un double du portrait de Frédéric Zucchero, accordé par le cardinal à la famille du Tasse après sa mort. Ce qui porte à croire qu'il ne fut pas fait à Naples, c'est que le Manso n'en parle pas, lui qui a tracé, dans la Vie de son ami, un portrait si détaillé, si minutieusement circonstancié de toute sa personne468.