Note (retour) — D'ITALIE.
Reading edition
Aussitôt qu'il fut délivré de ce poëme, il se remit à celui des Sept Journées. Il l'avait commencé en vers libres (sciolti), et le continua de même. Bientôt il en eut achevé les deux premiers livres450, et considérablement avancé l'ébauche des suivants. Mais malgré la vie agréable et douce qu'il menait à Rome, et la liberté dont il y jouissait, le retour de ses infirmités qui se firent sentir avec une nouvelle force, lui fit désirer d'aller passer l'été à Naples. Il en obtint la permission du pape et de ses neveux. En arrivant451, il choisit pour sa demeure le monastère de Sanseverino de l'ordre du Mont-Cassin, où ses amis, et le premier de tous, le marquis de Villa, vinrent l'embrasser et le féliciter de son retour. Ayant repris sa vie accoutumée, il partageait ses journées entre le travail, les visites qu'il recevait, et celles qu'il rendait au Manso, au prince de Conca, ou à d'autres illustres amis, quand sa santé lui permettait de sortir. L'un de ceux qu'il visitait avec le plus de plaisir, était Carlo Gesualdo, prince de Venosa, célèbre amateur et compositeur de musique. Le Tasse, qui avait toujours passionnément aimé ce bel art, se plaisait singulièrement à entendre ses savantes compositions. Les madrigali à plusieurs voix étaient alors fort à la mode; Gesualdo y excellait; il eut plusieurs fois recours au Tasse, qui fit pour lui plus de trente de ces petites pièces, dont neuf sont imprimées avec la musique dans le recueil en six livres, des madrigali du prince de Venosa452.