Note (retour) — D'ITALIE.
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Deux neveux de Clément VIII reçurent le Tasse, à son arrivée, avec un empressement qui lui garantissait les bontés du pape leur oncle. L'aîné surtout, nommé Cinthio446 Aldobrandini, conçut dès lors pour lui la plus tendre amitié; et ce fut dans ses appartements au Vatican que fut logé le Tasse. Le premier travail dont il s'y occupa fut de mettre la dernière main à sa Jérusalem conquise. Il répondit à l'affection que lui témoignait son nouvel ami en le lui dédiant. Cinthio, reconnaissant de cet hommage, redoubla de soins, et facilita au Tasse tous les moyens de faire imprimer promptement son poëme. Celui-ci n'attendit, pour le mettre sous presse, que la promotion de Cinthio au cardinalat. La Jérusalem conquise parut enfin peu de mois après447. Le succès en fut d'abord assez grand; mais lorsque la curiosité qu'il avait excitée fut satisfaite, on revint généralement de la seconde Jérusalem à la première, et l'on s'y est toujours tenu depuis448. Quelque fut le jugement du public sur cet ouvrage, celui du Tasse fut toujours entièrement en sa faveur. Il a laissé dans un de ses écrits449 une preuve irrécusable de la constance de cette opinion; et c'est sans aucune preuve, sans même le plus léger fondement, que le Manso a dit dans sa Vie, et qu'on a répété après lui que le Tasse, peu satisfait encore de sa seconde Jérusalem, avait formé le projet d'une troisième.