Note (retour) — D'ITALIE.
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Cependant les papes se succédaient à Rome avec une grande rapidité. Clément VIII avait remplacé Innocent IX442. C'était le cardinal Hippolyte Aldobrandini, qui avait témoigné au Tasse dans tous les temps beaucoup d'intérêt et d'amitié. Le Tasse avait célébré son avénement par une canzone443, peut-être encore plus belle que celle qu'il avait faite pour Urbain VII, et qui avait excité non-seulement à Rome, mais dans toute l'Italie, les plus vifs applaudissements. Le pape en avait été charmé; il avait fait inviter l'auteur en son propre nom à revenir à Rome. Deux raisons retenaient le Tasse; le procès qu'il soutenait à Naples contre les héritiers de son oncle et contre le fisc, pour la restitution de ses biens, et la crainte de désobliger son ami Manso et les autres seigneurs napolitains, en les quittant. Mais sur de nouvelles lettres qu'il reçut du secrétaire intime du pape, il obtint le congé de ses amis, et partit encore une fois pour Rome444, en leur recommandant de surveiller les gens d'affaires chargés de suivre son procès. Ce fut dans ce voyage qu'il fit la rencontre d'un chef de brigands, nommé Sciarra, qui, ayant entendu son nom, lui témoigna les plus grands respects, et non-seulement le laissa passer, lui et ses compagnons de route, sans les piller, mais lui offrit l'escorte de sa troupe et ses services. Cette aventure en rappelle une semblable qu'eut l'Arioste445 avec le brigand Pacchione, et prouve que la réputation du Tasse était alors aussi grande, et aussi universellement répandue en Italie, que l'avait été celle de l'Homère ferrerais.