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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

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L'accueil que le Tasse reçut à Mantoue était propre à lui faire oublier ses disgrâces. Le vieux duc Guillaume lui donna dans son palais un logement commode, et ordonna qu'on lui fournît toutes les nécessités et toutes les commodités de la vie. Le prince qui l'avait amené le fit habiller décemment; enfin, les ministres et toute la cour, à l'exemple du duc et de son fils, le comblèrent de prévenances et de marques d'égards. Cela n'empêcha point qu'il ne continuât à ressentir de temps en temps les mêmes désordres de tête, les mêmes accès de mélancolie et de frénésie; que son affaiblissement ne fût à peu près le même, et qu'il ne se plaignît surtout d'avoir presque entièrement perdu la mémoire. Malgré cela, il reprit ses travaux littéraires, retoucha plusieurs de ses dialogues philosophiques, et en composa de nouveaux404. Inspiré par un sentiment de piété filiale, il retoucha ce que son père avait laissé du Floridante, poëme tiré d'un épisode d'Amadis405, suppléa ce qui y manquait, le fit imprimer à Bologne et le dédia au duc de Mantoue406. Enfin, il acheva, ou plutôt il refondit entièrement une tragédie qu'il avait commencée autrefois407, et lui donna pour titre Torrismond, roi des Goths; mais il ne termina pas sans peine cet ouvrage, et l'on a conservé un trait qui prouve combien les bons livres anciens étaient encore peu communs. Il eut besoin d'un Euripide lorsqu'il était occupé de cette tragédie, et malgré tous les soins que se donna la jeune princesse de Mantoue, pour qui il la composait, malgré toutes les recherches qu'elle fit faire, on n'en put trouver un, ni dans la bibliothèque du duc, ni ailleurs: il fallut que le Tasse se passât de ce secours408.

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