Note (retour) — D'ITALIE.
Reading edition
Salviati n'attaqua point à visage découvert un malheureux, un ami, un homme de génie qu'il avait hautement comblé de louanges; il se couvrit du nom de l'académie de la Crusca. Cette académie, devenue depuis si justement célèbre, était alors à ses premiers commencements. Ce n'était qu'une réunion de quelques beaux esprits et de poëtes joyeux qui s'assemblaient depuis environ deux ans387, tantôt chez l'un d'entre eux, tantôt chez l'autre, et lisaient des plaisanteries faites exprès pour leurs séances et des morceaux de prose ou de poésie burlesque388. Ils n'avaient encore publié que deux écrits, dont les titres plaisants n'annoncent point un corps littéraire destiné à faire autorité389. Lorsque Salviati voulut les faire agir, il commença par faire nommer secrétaire de l'académie Bastiano de' Rossi, sa créature, et avec un certain nombre d'académiciens, car ils n'entrèrent pas tous dans ce complot, il se mit à examiner le dialogue du Pellegrino, à rédiger avec le secrétaire et à publier, au nom de l'académie, la critique la plus injurieuse et la plus mordante390.