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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

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Il était dans ces tristes circonstances lorsqu'on vit éclater contre lui l'orage le plus imprévu et le plus terrible. La sensation que son poëme venait d'exciter en Italie n'avait pu manquer d'y faire naître quelques écrits. Il en avait paru un d'Horace Lombardelli, où quelques réflexions critiques étaient mêlées à beaucoup d'éloges381. Le Tasse y avait répondu382, avait remercié Lombardelli de ses éloges, et réfuté, mais avec douceur, plusieurs de ses objections. Lombardelli ayant insisté, le Tasse tint ferme, développa ses premières raisons, et répondit aux objections nouvelles. Enfin, parut un dialogue de Camillo Pellegrino, sur la poésie épique383. Cet écrit, où le Tasse était élevé infiniment au-dessus de l'Arioste, où on lui donnait tout l'avantage du côté du plan, des mœurs et du style, mit toute l'Italie en rumeur. Ce fut la pomme de discorde. Les nombreux partisans de l'Arioste jetèrent les hauts cris; ceux qui crièrent le plus fort furent les académiciens de la Crusca384. Ils répondirent au dialogue du Pellegrino. L'esprit de parti et l'esprit de corps, aussi dangereux en littérature, qu'en toute autre matière, parurent avoir présidé à la rédaction de cet écrit. L'académie, ou plutôt en son nom le chevalier Lionardo Salviati, sous le titre de l'Infarinato et Sebastiano de' Rossi, sous celui de l'Inferigno, prirent avec une sorte de fureur la défense du Roland furieux, et saisirent avidement ce prétexte pour déchirer la Jérusalem délivrée et son auteur.

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