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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

Reading edition

Il n'y a aucune apparence que l'on ait rien fait de pareil. On sait seulement que les deux éditions furent enlevées en peu de jours364, tant l'impatience du public était grande; que Malespina, éditeur de celle de Venise, vaincu par Ingegneri, le vainquit à son tour, en en donnant une nouvelle, d'après une copie encore plus complète du poëme entier365; cette édition s'étant rapidement épuisée, il en donna presque aussitôt une plus correcte et plus complète encore366, sans que l'auteur de cet ouvrage, qui faisait les délices et excitait la curiosité de l'Italie entière, fût même consulté sur rien. Enfin un jeune Ferrarais367, attaché à la cour et intimement lié avec le Tasse, entreprit de publier une édition de la Jérusalem, supérieure à toutes celles qui avaient paru. Il eut la faculté de consulter l'original corrigé par l'auteur; il put aussi dans quelques doutes consulter, comme il le fit, le Tasse lui-même. Cette édition parut donc à Ferrare368, dédiée au duc Alphonse et présentée expressément à ce prince, au nom de son malheureux auteur. Mais la précipitation qu'on y avait mise y ayant introduit beaucoup de fautes, qui ne l'empêchèrent pas d'être aussi rapidement débitée que les autres, le même éditeur la fit suivre immédiatement d'une nouvelle369, la première, selon Fontanini370, que l'on puisse regarder comme bonne et correcte. Celle-ci fut encore surpassée, trois mois après, par une édition de Parme371, où la Jérusalem délivrée parut enfin telle qu'elle est restée, et qui a servi de règle et de modèle à toutes les éditions suivantes372. Il est donc vrai que dans cette seule année, il y en eut sept en Italie, et qu'il en avait même paru six dans le cours des six premiers mois.

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