Note (retour) — D'ITALIE.
Reading edition
Il écrivit alors son beau dialogue du Père de famille, dont il tira le sujet de la réception qui lui avait été faite et de ce qu'il avait vu, dit et entendu dans la maison hospitalière de ce bon gentilhomme, entre Novarre et Verceil359; il le dédia à son ami Scipion de Gonzague360. Il rassembla ensuite toutes les poésies qu'il avait composées depuis deux ans, parmi lesquelles il y en a d'admirables, et qui étaient toutes intéressantes par la position dans laquelle il les avait faites; il les dédia aux deux princesses, sœurs d'Alphonse361. La duchesse d'Urbin parut sensible à cet hommage du Tasse, et ressentit quelque piété de ses malheurs. Léonore était loin de pouvoir lire, ni ces poésies, ni cette dédicace; elle était déjà depuis long-temps attaquée d'une maladie grave, qui était alors à son dernier période, et dont elle mourut quelques mois après362. On a remarqué que le Tasse, qui ne laissait passer presque aucune occasion de cette espèce sans payer un tribut poétique à la mémoire des personnes illustres qu'il avait connues, ne fit point de vers sur la mort de cette Léonore qu'il paraît avoir tant aimée; et en effet on ne trouve rien sur ce sujet dans toutes ses Œuvres, soit qu'il fût mécontent de la froideur qu'elle lui avait témoignée dans ses infortunes, soit qu'il fût en ce moment trop occupé de ses infortunes mêmes pour être aussi affecté de cette perte qu'il l'eût été dans un autre temps.