← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

Reading edition

Cette lettre et ce sonnet contiennent, à mon sens, une révélation importante. Serassi qui les a publiés le premier350, a fort bien entendu que ces beaux sonnets que Léonore devait être en ce moment dans l'habitude d'entendre, étaient ceux du Pigna et du Guarini, tous deux admis concurremment à lire à cette princesse leurs compositions poétiques351. Mais voici ce qu'il est aisé d'y voir de plus. Le Guarini, alors attaché à cette cour et qui se piqua toujours de rivalité avec le Tasse, était, sans nul doute, celui dont les assiduités et peut-être les vers lui avaient donné de l'ombrage; il avait voulu l'écarter; ayant trouvé de la résistance, il s'était piqué; il était parti dans ces dispositions pour Urbin, et de-là pour Castel-Durante avec Lucrèce. La vie très douce qu'il y menait l'avait étourdi quelque temps. Il avait passé plusieurs mois sans écrire même à Léonore; mais la colère qu'il avait trop écoutée s'était affaiblie; l'amour avait repris son empire; il brûlait de revenir, et il se faisait précéder par un sonnet, qui a de l'intérêt si les choses sont ainsi, et qui n'en aurait aucun si elles étaient autrement. Il composait sûrement alors de plus beaux vers et plus dignes d'être envoyés à une princesse qui les aimait; et cette fable d'un pauvre amant auquel il prétend servir d'interprète, est la même dont il avait déjà voilé son secret lorsqu'il partit pour la France. En un mot, je regarde comme l'une des preuves les plus claires de la passion du Tasse pour Léonore ce que le bon Serassi, qui n'en savait pas davantage, a donné pour un témoignage, qui doit lever tous les doutes, de son indifférence pour elle et de sa froideur.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings