Note (retour) — D'ITALIE.
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Jusqu'à quel point sa témérité fut-elle heureuse? Il est impossible de le savoir; il l'est presque autant de croire qu'il ait rien obtenu, ni même eu jamais la moindre espérance de rien obtenir qui fût contraire à l'opinion que l'on a de Léonore; supposer autre chose, serait méconnaître ou l'existence ou l'empire du bel ensemble de qualités et de vertus qui l'avait touché. Mais que Léonore ait été flattée des hommages d'un si grand génie, des sentiments d'un si noble cœur, qu'elle ait pris à lui un intérêt affectueux, qui dans une âme tendre et mélancolique, dans la retraite d'une vie souvent languissante, ressemble beaucoup à l'amour, il ne paraît ni possible, ni nécessaire d'en douter. Le voile du plus profond mystère dut couvrir cette innocente intelligence, et il est plus aisé de concevoir que les conseils donnés au Tasse par Léonore, au sujet de Lucrèce Bendidio et du Pigna338 eussent pour but ce voile mystérieux dont il importait de se couvrir, qu'il ne l'est de se figurer une sage et modeste princesse s'occupant à ce point d'un intérêt d'amour, qui lui était étranger.