Note (retour) — D'ITALIE.
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Ce fut alors aussi sans doute qu'il fit pour elle ce beau sonnet, où il lui parle si poétiquement de son âge. Serassi veut qu'il soit adressé à la duchesse d'Urbin, mais il porte indubitablement l'empreinte et le cachet de Léonore, «Dans tes plus tendres années, tu ressemblais à la rose vermeille qui n'ose ouvrir son sein aux tièdes rayons du jour et se cache encore, vierge et pudique, dans la verte enveloppe qui la couvre; ou plutôt (car rien de mortel ne peut se comparer à toi,) tu ressemblais à la céleste Aurore qui, brillant dans un ciel serein et toute fraîche de rosée, dore les monts et couvre de perles les campagnes. Maintenant l'âge plus mûr ne t'enlève rien, et quoique négligemment vêtue, la jeune beauté, dans sa plus riche parure, ne peut ni te vaincre, ni t'égaler. Ainsi la fleur est plus belle quand elle étale ses feuilles odorantes, et le soleil à son midi brille plus qu'au matin et lance bien plus de flammes335.» Nous avons vu que souvent les noms Ora, Aura, Aurora, lui servaient à voiler le nom de Léonore; la parure négligée la désigne aussi, et convenait à sa santé faible et à son goût pour la retraite. Sa sœur Lucrèce se portait fort bien et n'avait point de ces négligences-là.