Note (retour) — D'ITALIE.
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Le prieur de cet hôpital était alors Agostino Mosti, que nous avons vu rendre des devoirs pieux à la mémoire de l'Arioste, dont il avait été le disciple, et lui ériger un tombeau319. Aimant la poésie et les lettres, élevé à une telle école, on croirait qu'il eût dû traiter avec toutes sortes d'égards et même de faveur un si grand poëte tombé dans une si horrible disgrâce. Il n'y eut au contraire aucun mauvais procédé, aucune dureté persécutrice, aucune de ces rigueurs de prison, qu'on ne connaît bien que quand on les a soi-même éprouvées, qu'il ne se plût à lui faire souffrir. Avouerai-je la cause que je soupçonne d'une conduite qu'il paraît impossible d'expliquer? Agostino Mosti aimait la poésie, mais il aimait surtout passionnément l'Arioste; il lui avait en quelque sorte voué un culte et dressé un autel. Peut-être haïssait-il et persécuta-t-il, dans le Tasse, le seul rival que pût craindre celui dont il s'était fait un Dieu. J'ai vu des effets si hideux de l'esprit de parti, même dans les lettres, que je ne crains pas de le calomnier en lui attribuant cette mauvaise action de plus.