Note (retour) — D'ITALIE.
Reading edition
Fêté dans cette maison, recherché par l'archevêque de Turin qui était un la Rovere, ancien ami de son père, et qui enviait au marquis d'Este le plaisir de l'avoir chez lui; présenté au prince de Piémont Charles Emanuel, qui voulait le prendre à son service, et lui offrait les mêmes conditions dont il avait joui autrefois à Ferrare, le Tasse commença encore une fois à respirer, et à prouver par plusieurs compositions en prose et en vers que ni ses infirmités, ni ses malheurs ne lui ôtaient rien de la force de son génie. C'est à Turin315 qu'il écrivit son beau dialogue sur la Noblesse; il y fit aussi une charmante canzone316, adressée à la marquise d'Este, Marie de Savoie, après l'avoir vue danser avec quatre de ses compagnes. On voit dans la dernière strophe que si toutes ces dames étaient belles et aimables, l'une d'elles le lui paraissait encore plus que les autres, et qu'il sentit même pour elle quelques-unes de ces impressions d'amour auxquelles son cœur s'ouvrait si facilement autrefois. On ne retrouve pas sans plaisir ce rayon d'illusions douces, qui brille, pour ainsi dire, à travers les ténèbres et les tristes fantômes dont son esprit était habituellement obsédé.