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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

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Malgré la sécheresse de cette réponse et le peu d'affection qu'elle annonçait, le Tasse se soumit à tout, promit tout, et se rendit à Ferrare avec l'ambassadeur même du duc qui y retournait en ce moment. Le premier accueil qu'il reçut fut très-favorable et lui donna de grandes espérances; pendant quelque temps il eut auprès du duc et de ses sœurs le même accès qu'auparavant; mais il crut bientôt apercevoir qu'on ne faisait plus le même cas de ses talents et de ses ouvrages, qu'on ne voulait plus voir en lui qu'un courtisan et non un poëte, qu'on s'étudiait à le détourner en quelque sorte de la carrière de la gloire, et à l'engager dans une vie molle, délicate et oisive. Il avait beau redemander ses papiers, ses manuscrits, on ne les lui rendait point: ils restaient entre les mains d'un des grands officiers de la cour308, ce que le Tasse appelait avec raison usurpation et violence. Il voulut réclamer auprès des princesses, et ne put s'en faire écouter; auprès du duc, qui refusa de l'entendre; enfin auprès du confesseur, qui sans doute se mêlait de beaucoup d'affaires, et ne voulut point se mêler de la sienne. Quoi de plus juste cependant, et même dans le meilleur état de raison et de santé, quelle patience pouvait tenir à ces refus? Celle du Tasse se lassa d'une position dont aucune parole, aucune démonstration consolante n'adoucissait plus l'amertume; abandonnant enfin ses livres et ses manuscrits, après treize années de service qui méritaient une autre récompense, il partit une seconde fois, à peu près dans le même équipage que Bias, pour aller chercher sous la protection de quelque autre prince, un plus sûr asyle, et un port où il pût réparer son naufrage.

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