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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

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Arrivé à Rome304, il voulut donner un témoignage public de sa confiance, en descendant directement chez l'agent305 du duc de Ferrare. Cet agent et l'ambassadeur306 du duc le reçurent avec beaucoup d'amitié; ils écrivirent tous deux à leur souverain en sa faveur. Scipion de Gonzague, et le cardinal Albano, qui était presque aussi attaché au Tasse que Scipion même, ne furent point d'avis qu'il retournât à Ferrare, quand même ce retour lui serait offert, mais qu'il se bornât à obtenir du duc Alphonse son pardon, et à lui demander ses, effets et ses papiers, qu'il avait laissés dans son palais. Le cardinal écrivit dans ce sens au duc, qui répondit qu'il avait donné des ordres pour que tous les papiers que le Tasse avait laissés, soit entre les mains de la duchesse d'Urbin, soit ailleurs, fussent rassemblés et lui fussent remis; mais il ne s'expliquait que vaguement et très-brièvement sur le reste. Les papiers ne furent point renvoyés au Tasse, peut-être dit Serassi, parce qu'il déplaisait au duc et aux deux princesses, après avoir perdu la personne du poëte, de perdre encore de si précieux ouvrages. Le Tasse ne se découragea point, et fit faire de nouvelles instances par l'agent et par l'ambassadeur. Le Manso dit que c'était la princesse Léonore qui l'engageait par ses lettres à insister; mais Serassi affirme que dans tous les papiers relatifs à cette affaire qu'il a eus entre les mains, il n'a trouvé aucun vestige de cette correspondance. Quoi qu'il en soit, le duc céda enfin aux instances de ses ministres, et leur répondit307 qu'il consentait à reprendre le Tasse à son service, mais qu'il fallait d'abord qu'il reconnût dans l'humeur mélancolique dont il était tourmenté, la source de tous ses soupçons et de toutes ses craintes; qu'il consentît à se faire traiter, pour se guérir de cette humeur; que s'il comptait encore s'embarrasser, comme par le passé, dans des explications et dans des plaintes éternelles, il était, lui, déterminé à ne s'en mettre plus en peine; que lorsqu'il serait revenu à Ferrare, s'il refusait de se laisser traiter, il recevrait sur le champ l'ordre de sortir du duché et la défense d'y rentrer jamais.

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