Note (retour) — D'ITALIE.
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La mélancolie du Tasse et l'incertitude de son esprit augmentèrent considérablement: d'autres sujets d'inquiétudes, s'y mêlèrent encore; un voyage qu'il fit à Modène298 chez le comte Ferrante Tassone, l'un de ses meilleurs amis, qui employa tout ce qu'il put imaginer d'amusements pour le distraire de ses chagrins, n'y apporta que peu d'adoucissements. Une lettre venue de Rome lui fit craindre le refroidissement de son autre excellent ami, Scipion de Gonzague. En ce moment où ses ennemis l'accusaient de vouloir éclipser la gloire de l'Arioste, Orazio Ariosto, neveu de ce poëte, écrivit en faveur du Tasse des stances qui lui parurent à lui-même passer les bornes de la louange, et il craignit que ce ne fût un piège tendu à son amour-propre pour le perdre plus sûrement299. On corrompit ses domestiques, ou l'on sut lui persuader qu'ils étaient corrompus. Enfin, il vint à s'imaginer que ses persécuteurs non-seulement l'avaient accusé d'infidélité auprès de son prince, mais avaient même dénoncé sa croyance au tribunal du Saint-Office.