Note (retour) — D'ITALIE.
Reading edition
Les deux principaux sujets tirés de la Table ronde, Lancelot du Lac et Tristan le Léonois, furent connus de très-bonne heure en Italie par des traductions en prose de nos vieux romans français. Mais ces deux fables intéressantes n'y inspirèrent long-temps aucune Muse, et ne furent mises qu'assez tard et très-imparfaitement en vers. Les amours de Lancelot et de la belle Genèvre, déjà célèbres au temps du Dante, comme on le voit dans son admirable épisode de Francesca da Rimini, ne reçurent les honneurs du roman épique in ottava rima31, que d'un Niccolò Agostini, qui n'est pas le même que le mauvais continuateur du Bojardo, mais qui n'est pas meilleur que lui. Il n'y eut qu'un mauvais petit poëme anonyme sur le beau sujet des amours de Tristan et de la belle Iseult32; mais ce fut enfin un véritable poëte qui traita cette chevalerie de la Table ronde, quand l'Alamanni, réfugié en France, composa son Girone il Cortese d'après un vieux roman, célèbre dans notre ancienne littérature.