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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

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Les traitements qu'il recevait de la part du duc devaient lui tranquilliser l'esprit. Alphonse redoublait d'attentions et d'égards, voulait sans cesse l'entendre réciter ses vers, et le conduisait avec lui dans les voyages de plaisir qu'il faisait à Belriguardo, lieu de délices, où il se retirait souvent pendant les chaleurs de l'été. Lucrèce d'Este, devenue duchesse d'Urbin par la mort de son beau-père, se sépara de son mari, trop jeune pour elle, à qui elle n'avait point donné, et ne pouvait plus donner d'enfants, et vint à Ferrare, avec un traitement ou une pension convenable, retrouver son frère Alphonse, dont elle était tendrement aimée. Son arrivée ajoutait encore aux agréments dont le Tasse jouissait dans cette cour et aux moyens de s'y maintenir en crédit. La duchesse ne pouvait plus se passer de lui; elle eut une indisposition, pendant laquelle il eut seul accès auprès d'elle, et il l'eut à toute heure et tous les jours. Alphonse était obligé de faire sans lui ses voyages de Belriguardo. Lucrèce prenait les eaux et avait besoin de distractions; elle gardait le Tasse: il lui lisait son poëme et passait chaque jour avec elle plusieurs heures secrètement282. Cependant son esprit frappé se tournait toujours vers Rome. Il voulait qu'on y recommençât en entier l'examen de son poëme: il voulut enfin y aller lui-même, et malgré ce que fit encore la duchesse pour le détourner de ce voyage, malgré le conseil qu'elle lui donna de ne quitter Ferrare que pour l'accompagner à Pesaro283, il n'eut de repos que lorsqu'il eut obtenu du duc Alphonse la permission de partir pour Rome.

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