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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

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Le mouvement que cette sorte d'occupation donne à l'esprit est tout différent de celui qu'il éprouve dans le feu de la composition. En composant, la préoccupation est profonde, constante, et s'exerce long-temps sur le même objet: en corrigeant, elle se porte rapidement sur de petits détails, sur des objets indépendants les uns des autres qui ébranlent presque à la fois l'imagination, et appellent souvent l'attention en sens contraire. Il résulte du premier travail un état contemplatif, et pour ainsi dire extatique, dans lequel, tout entier aux objets qu'il invente et aux sentiments qu'il exprime, le poëte est étranger et presque inaccessible à tout ce qui est extérieur; il résulte du second une espèce d'émotion fébrile, qui ouvre facilement l'esprit à ce que l'on voit ou entend, même à ce que l'on croit voir ou entendre, à toutes les impressions fâcheuses, aux inquiétudes, aux soupçons; surtout lorsqu'on se trouve comme assailli par des conseils contradictoires, forcé de choisir à la hâte, et d'autant plus incertain dans son choix que l'on est plus modeste, et qu'on abonde moins dans son sens. C'est précisément la position où se trouva le Tasse. Il avait à la cour des ennemis; il le savait depuis long-temps, et ne commença qu'en ce moment à les craindre. Quelques-unes des lettres qu'il écrivait à Rome et des réponses qu'il en recevait, éprouvèrent des retards, elles avaient toutes pour objet les corrections de son poëme; il imagina que ses ennemis les interceptaient pour découvrir les objections qui lui étaient faites et en profiter contre lui, quand il aurait publié son ouvrage. Il eut une maladie courte, mais dangereuse, une fièvre ardente avec des étourdissements et des vertiges; il fut guéri dans peu de jours281, et se remit au travail avec la même ardeur.

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