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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

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Bien éloigné de l'empressement qu'on a aujourd'hui de se produire, et content du succès de sa pastorale, il ne voulait pas la faire imprimer. Quelques traits même où il faisait allusion à la cour de Ferrare, à des circonstances de sa vie, et à des sentiments de son cœur, d'autres qu'il avait lancés contre un de ses ennemis cachés271 qu'il n'aurait pas voulu blesser publiquement, lui faisaient une loi de cette réserve. Mais on trouva le moyen d'avoir des copies de sa pièce; il en tomba une entre les mains d'Alde le jeune, qui l'imprima, pour la première fois à Venise, huit ans après qu'elle eut été représentée272. Ce fut seulement alors que l'applaudissement qu'elle avait eu à Ferrare devint universel en Italie. Les éditions se multiplièrent; les imitations furent si nombreuses, qu'on ne vit plus de toutes parts que pastorales dramatiques. Mais parmi cette foule d'imitateurs, le Guarini dans son Pastor Fido, et au commencement de l'autre siècle, Bonarelli dans sa Filli di Sciro, approchèrent seuls, quoique à une grande distance, de leur inimitable modèle. Bientôt l'Aminta fut traduit en français, en espagnol, ensuite en anglais, en allemand, en flamand, même en illyrien, en un mot, dans toutes les langues, et toujours avec le même succès. On peut donc dire que ce petit ouvrage n'a pas moins contribué que son grand poëme à la célébrité du Tasse, et que quand même l'auteur de l'Aminta ne l'eût pas été de la Jérusalem délivrée, son nom n'en serait pas moins immortel.

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