Note (retour) — D'ITALIE.
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Leur séparation ne fut cependant pas une rupture. Le cardinal aurait craint de se donner aux yeux de la cour de France un tort ou un ridicule; le Tasse avait le dessein d'entrer au service du duc Alphonse en quittant son frère; le départ de Manzuoli sauva toutes les apparences; le cardinal envoyant à Rome son secrétaire le plus intime, y pouvait envoyer aussi le gentilhomme le plus distingué de sa suite. Ils partirent à la fin de décembre, après un an de séjour en France. Le Tasse fut reçu à Rome avec joie par les anciens amis de son père, et recherché par tous les amis des lettres. Pendant ce temps, il faisait agir à Ferrare auprès du duc Alphonse; il employait à cette négociation la princesse d'Urbin et sa sœur Léonore, qui n'eurent pas beaucoup de peine à réussir. Alphonse était dans de si bonnes dispositions que le Tasse fut presqu'aussitôt agréé que proposé. Il se rendit sur-le-champ à Ferrare. Le duc lui témoigna le plus grand plaisir de le voir, et joignit à des conditions satisfaisantes et honorables266 toutes les commodités du logement et de la vie. La plus agréable pour le Tasse fut d'être dispensé de tout service, et de pouvoir par conséquent se livrer tout entier à la composition de ce poëme promis depuis tant d'années, et que le monde littéraire attendait.