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Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

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Faut-il croire ce qu'on rapporte de l'état de détresse et de pauvreté où se trouva le Tasse au milieu de toutes ces faveurs du prince et de toutes ces caresses des courtisans? Balzac dans ses entretiens, Guy Patin dans une de ses lettres, disent qu'il fut réduit à emprunter un écu pour vivre. Serassi croit le fait impossible. Un gentilhomme attaché à un cardinal si riche et si magnifique pouvait-il manquer à ce point du nécessaire; et celui qui avait refusé les présents d'un roi s'abaisser à recevoir d'un ami ou d'une amie265 un si petit service? Mais cet historien rapporte lui-même un autre fait qui peut expliquer le premier. Le crédit dont jouissait le Tasse auprès du cardinal, et les honneurs qu'il recevait dans une cour telle que celle de France, durent exciter l'envie de ces courtisans sans mérite, tels qu'il s'en trouve toujours auprès des princes; le Tasse s'expliquait peut-être avec trop de liberté sur les matières qui échauffaient alors tous les esprits; ils saisirent ce prétexte pour le calomnier et le desservir. Ils n'y réussirent que trop: le cardinal se refroidit entièrement à son égard, et non-seulement lui retira les honoraires de sa place, mais lui donna même des dégoûts personnels, et parut ne le plus voir qu'avec répugnance. Il n'en fallait pas tant pour qu'un homme qui avait beaucoup de noblesse et de dignité d'âme sentît ce qu'il avait à faire. Le Tasse demanda un congé pour l'Italie, et l'obtint. Il est vrai qu'il fut reconduit et défrayé par Manzuoli, secrétaire du cardinal, que celui-ci envoyait à Rome; mais il ne serait pas surprenant que, dans de pareilles circonstances, il eût éprouvé avant son départ des besoins pressants, et que sa fierté eût consenti plutôt à devoir un écu à l'amitié, qu'à rien demander à un prince qui le disgraciait injustement.

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