Note (retour) — D'ITALIE.
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En partant pour ce long voyage, le Tasse crut devoir, à tout événement, laisser quelques dispositions entre les mains d'un de ses amis252. Le premier article de cette espèce de testament regarde ses poésies amoureuses; il veut qu'elles soient recueillies et publiées. Quant aux autres qu'il a faites pour servir quelques amis, il désire qu'elles soient ensevelies avec lui, à l'exception d'un seul sonnet253. Une autre disposition est relative aux huit chants qu'il avait déjà faits de son Godefroy; d'autres, qui prouvent qu'il avait peu d'ordre ou qu'il était peu généreusement traité par la cour, ont rapport à des effets qu'il laisse en gage chez un juif pour vingt-cinq livres, à des pièces de tapisserie254 qu'il laisse, pour treize écus, chez un autre juif, et à d'autres tapisseries qui restent dans son logement. Si Dieu dispose de lui, il veut que le tout soit vendu et que le produit serve aux frais d'une pierre sépulcrale pour le tombeau de son père, où l'on fera graver l'épitaphe latine qu'il a composée en son honneur. Si l'exécution de quelqu'une de ces volontés rencontre des obstacles, il prescrit à son ami de recourir à la faveur de l'excellente madame Léonore, «laquelle, ajoute-t-il, la lui accordera, je l'espère, pour l'amour de moi255.» Les trois derniers objets, peut-être également sacrés pour lui, dont on le voit s'occuper à son départ, sont donc sa gloire poétique, la mémoire de son père, la bienveillante protection de Léonore.