← Table of contents
Histoire littéraire d'Italie (5/9)

Note (retour) — D'ITALIE.

Reading edition

L'Ulisse9, dans lequel le même auteur mit en vingt chants tout le sujet de l'Odyssée, porte moins de ces signes auxquels on reconnaît le roman épique. Aux débuts de chant, point de maximes, point d'exordes; le récit continue simplement comme dans les poëmes héroïques, et le premier chant même commence sans invocation, sans exposition. «Tous les Grecs étaient retournés dans leur patrie, et avaient revu leur terre natale, tous ceux du moins qui avaient échappé à la mort et que le fer des Troyens n'avait pas moissonnés10.» Mais à la fin de tous les chants, l'auteur met encore le cachet du genre romanesque, en s'interrompant lui-même, en congédiant son auditoire, et le renvoyant à l'autre chant. «Télémaque s'est mis au lit; qu'il y reste: pour moi, je veux le laisser là pour ne pas ajouter d'autre papier à cette feuille11; le soleil vient de se coucher dans l'Océan, Homère faisant ici une pause, je suspendrai aussi mon chant12.» Tantôt c'est: mais pour que la longueur de ce récit ne vous ennuie pas, je raconterai le reste une autre fois13; tantôt: c'est ce que je vous réserve pour l'autre chant, si vous voulez l'entendre14, et tantôt: ce qui arrive ensuite à ce baron invincible (et notez bien que ce baron est Ulysse), est écrit dans l'autre chant, pour votre plaisir15; ainsi du reste. Ces formes peu homériques sont des disparates d'autant plus étranges, que dans tout le cours de sa narration, le ton de l'auteur est le plus sérieux du monde.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings