Note 125 — D'ITALIE.
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Note 125:
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Cette île avait été jadis enchantée par le magicien Apollidon, qui, selon notre vieux roman, était le fils aîné d'un roi de Grèce. A la mort de son père, il laissa la couronne à son frère et parcourut le monde en donnant des preuves de la plus brillante valeur. Il devint amoureux de la sœur de l'empereur de Rome, l'enleva, et l'emmena dans l'Ile ferme, qui était alors tyrannisée par un géant. Il tua le géant; les habitants le reconnurent pour roi. Il passa plusieurs années dans cette île, et y fut parfaitement heureux; mais l'empereur de Grèce, qui était son oncle maternel, étant mort sans enfants, il fut appelé à lui succéder. Sa femme, qui regrettait cette île, voulut du moins qu'il n'y pût régner aucun roi s'il n'était reconnu plus brave guerrier et plus loyal amant que lui, ni aucune reine si elle ne la surpassait elle-même en fidélité et en beauté. Apollidon était très-savant magicien; il éleva dans l'île, à l'entrée d'un jardin, un arc merveilleux, qu'il appela l'
Arc des loyaux amants
; et cet arc et ce jardin, par la force de ses enchantements, faisaient subir à tous ceux qui s'y présentaient des épreuves terribles, dont personne, avant Amadis, n'était encore sorti vainqueur.
On ne s'est point mis en peine de savoir ce que c'était que cette île merveilleuse dont il est si souvent question dans le roman et dans le poëme d'Amadis. C'était la même que Mona, l'île des Druïdes, où le poëte anglais Mason a mis la scène de sa tragédie de Caractacus, située entre l'Angleterre et l'Irlande, aujourd'hui l'île de Man. On lui avait donné le nom d'Ile ferme, parce qu'elle avait autrefois tenu à la grande île, et ce fut lorsqu'un tremblement de terre l'en eut détachée qu'elle fut appelée Mona. Cette explication nous est donnée par le Tasse lui-même, dans son XCIIe chant:
L'Isola ferma prima era chiamata; Quando con la Britannia era congiunta; E da tre parti dal mar circondata, E sol dall'altra con la terra aggiunta. Dagli scrittori Mona nominata Fu, poi che l'ebbe dal terren disgiunta Un terremoto, di città e castella Ricca in quel tempo, e gloriosa e bella. (St. 14.)
Il avait même dit auparavant (c. XXXVI, st. 71):
Questa l'Isola ferma è nominata, Perchè da un canto non l'inonda il mare, Ove si angusta e forte ave l'entrata Che per mezz'un castel forz'è passare.
L'auteur, dans une lettre à son ami
Sperone Speroni
, lui dit qu'on ne trouve dans aucun endroit du roman d'Amadis cette position de l'Ile ferme, ni cette origine de son nom, et qu'il s'est vu obligé de réparer cet oubli.
V. S. ha da sapere
, continue-t-il,
che Mona è una isola lontana di Bertagna cinque miglia, fecondissima, benchè non molto abitata; la quale scrivano alcuni autori ch' era congiunta con Bertagna versa ponente, e da tre parti e cinta dal mare, ma che per un gran terremoto si disgiunse e divenne isola. Fingo che questa fosse, e che a quel tempo si chiamasse Isola ferma
, etc. (
Opere di M. Sperone Speroni
, Venezia, 1740, in-4º., t. V, p. 350.)