Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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Lorsqu'il eut été dépossédé de ses emplois et amené captif en Europe, un autre amiral fut chargé de continuer la découverte du Nouveau Monde. Cet amiral, nommé Alphonse d'Ojeda, avait sur sa flotte un homme destiné à recueillir la gloire de cette expédition et de celles du malheureux Colombo. Il se nommait Amerigo Vespucci. Né à Florence le 9 mars 1451 843, d'une famille noble, il fut envoyé par son père en Espagne, pour y apprendre le commerce. Le bruit que faisaient à Séville les découvertes de Colombo lui inspirèrent le désir d'en faire de semblables. Il était très-instruit en astronomie, en cosmographie, et avait appris la navigation, soit dans des voyages précédents, soit par des études que sa passion naissante lui avait fait entreprendre. Lorsque la flotte d'Alphonse d'Ojeda partit, il obtint du roi d'y être employé. Quelques auteurs ont prétendu qu'il fut lui-même commandant de cette flotte, mais l'autre opinion paraît beaucoup plus probable. On l'accuse aussi d'avoir, dans les narrations de ses voyages, commis des erreurs volontaires de dates pour s'attribuer l'honneur d'avoir abordé le premier au continent du Nouveau-Monde, que cependant Colombo avait découvert et reconnu avant lui. Quoi qu'il en soit, après plusieurs voyages signalés par des découvertes, dont il a laissé la description dans des lettres que l'on possède imprimées 844, il revint en Espagne, et fut fixé à Séville en 1507, avec le titre de pilote majeur. Son emploi était d'examiner tous les pilotes, et de leur désigner les routes qu'ils devaient tenir en naviguant: titre et fonctions très-convenables, dit le judicieux Tiraboschi 845, pour un homme versé dans la science de la navigation, mais au-dessous du mérite de celui qui aurait commandé en chef une flotte, et découvert le continent d'un nouveau monde. Ce fut cet emploi qui lui fournit l'occasion de rendre son nom immortel, en le donnant aux pays nouvellement découverts. En dessinant les cartes pour servir de guides à la navigation des pilotes, il indiquait le nouveau continent par le nom d'America 846, et ce nom, répété par les navigateurs et par les pilotes, devint bientôt universel. Les Espagnols eurent beau s'en plaindre, ce nom est resté au Nouveau-Monde. De quelque nature que fussent les droits d'Amerigo Vespucci pour le lui donner, suivant l'observation très-simple et très-juste des auteurs de l'Histoire des voyages 847, après une si longue possession, il est trop tard pour les combattre.