Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
Reading edition
Cristoforo Colombo, né en 1442 à Cuccaro, dans le Montferrat, de parents nobles, mais pauvres, transporté à Gênes encore enfant, montra, dès sa jeunesse, un goût décidé pour la mer. Il fit son apprentissage avec un célèbre corsaire, son parent, et du même nom que lui. Ayant fait un commencement de fortune, il s'associa son frère, Barthélemy Colombo, qui dessinait très-habilement des cartes géographiques à l'usage des navigateurs. Ils s'établirent tous deux à Lisbonne, où Christophe se maria. En observant les cartes géographiques de son frère, et en écoutant les récits que les navigateurs portugais faisaient de leurs voyages, il conçut les premières idées de sa découverte. Ce fut alors qu'il écrivit à Paul Toscanelli, et qu'il en reçut une réponse propre à l'encourager dans son entreprise; mais elle exigeait des dépenses qu'un gouvernement seul pouvait faire. Colombo fit d'abord au sénat génois l'hommage de ses projets: on les traita de rêves et de visions. Jean II, roi de Portugal, y fit un meilleur accueil; mais les commissaires qu'il nomma eurent l'indignité de dérober à Colombo ses cartes et ses plans, et de faire partir sur une caravelle un pilote qui heureusement ne fut pas assez habile pour en faire usage, et revint en Portugal comme il en était parti. Colombo indigné abandonne ce pays, envoie son frère en Angleterre, passe lui-même en Espagne, proposant partout son nouveau monde, et ne pouvant le faire agréer à personne. Il écrivit à la cour de France, qui à peine daigna lui répondre. Un moine franciscain, nommé Marchena 840 , reparla de lui à la cour d'Espagne; on l'écouta enfin; mais les prétentions de Colombo parurent trop fortes, et ayant encore éprouvé des refus, il était prêt à quitter l'Espagne, lorsque la prise de Grenade sur les Maures changea les dispositions de la cour. Au milieu de la joie que répandit cette conquête, la reine Isabelle, sollicitée de nouveau, adopta définitivement le projet. Colombo fut appelé, reçu avec honneur, et créé, par des lettres-patentes, amiral perpétuel et héréditaire dans toutes les îles et continents qu'il viendrait à découvrir, vice-roi et gouverneur de ces mêmes pays, avec la dixième part de tout ce qu'ils pourraient produire, outre le remboursement de ses dépenses.