Note (retour) — PAR P. L. GINGUENÉ, (continued 2)
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La Toscane fut un des états de l'Italie où les études astronomiques furent suivies avec le plus d'ardeur; mais ce fut aussi l'une de celles où l'astrologie judiciaire y mêla le plus ses erreurs. On croit que Marsile Ficin lui-même eut la faiblesse d'y donner quelque créance. Pic de la Mirandole résolut au contraire de les combattre ouvertement. Son Traité en douze livres contre l'astrologie, qui ne parut qu'après sa mort, jeta l'alarme parmi les charlatans et parmi les dupes. Le savant astronome et astrologue Lucio Bellanti y répondit par une Défense de l'astrologie 830, aussi en douze livres, précédés d'un livre de questions sur la vérité de l'astrologie 831. L'auteur paraît de la meilleure foi du monde dans cette apologie. Il parle avec la plus haute estime de celui à qui il répond. Il regrette que ceux qui ont publié son ouvrage après sa mort, aient imprimé cette tache à son nom, et il ne doute pas que s'il eût vécu, il n'eût supprimé une production si peu digne de lui 830. Lorenzo Buonincontri de San Miniato mêla aussi les rêveries astrologiques à la science de l'astronomie, et méritait, plus qu'aucun autre, d'en être exempt 833. Obligé de quitter sa patrie dès sa jeunesse, il eut pendant plusieurs années une destinée errante. Il passa ensuite à Naples auprès du roi Alphonse. Il y expliqua le poëme de l'Astronomie de Manilius, et compta le célèbre Pontano parmi ses disciples. Outre divers ouvrages astronomiques et astrologiques en prose, on en a de lui un, en trois livres et en vers hexamètres, intitulé Des Choses naturelles et divines 834, où il mêle, selon son caprice, un abrégé de la religion chrétienne avec des folies astrologiques, et avec quelques notions saines et exactes de géographie et d'astronomie. Il cultiva aussi l'histoire, et composa des annales dont une partie est imprimée dans le grand recueil de Muratori 835, et l'Histoire des Rois de Naples, aussi imprimée en grande partie dans un autre recueil 836. Malgré tout son savoir et tous ses talents, il vécut pauvre, et ne dut peut-être qu'à la libéralité du cardinal Riario de ne pas mourir de misère.